La météo n’est pas à la fête alors que l’été devrait battre son plein ! Si les orages inondent les plaines d’Europe, les incendies ravagent les forêts californiennes, rien ne semble assombrir le ciel de l’activité M&A ! Les records succèdent aux records. On tangente désormais les 13 fois l’Ebitda pour la moyenne de valorisation des entreprises quand elles sont acquises par un fonds d’investissement ! Les industriels plus raisonnés, raisonnables ou contraints par leur cotation boursière sont aussi très actifs. La moyenne tous types d’acquéreurs confondus se situe à 11,6 fois… c’est plus qu’honorable !

Les Raisons de la Croissance des Valorisations

Que traduisent ces valorisations galopantes que rien ne semble pouvoir arrêter ? L’effet rareté… Dans un monde débordant de cash… Le « dry powder » a atteint 1,5 trilliards dans le monde selon Prequin. De quoi alimenter la guerre des nerfs entre acteurs du private equity.

Le covid a créé un environnement paradoxal, où le virtuel et le réel se confondent de plus en plus, avec un risque de perte de repère et de sens.

 

Les 4 paradoxes du Covid

 

Les politiques accommodantes font tourner la roue de la finance

Premier paradoxe du Covid, les liquidités injectées par les états pour soutenir l’économie réelle se retrouvent en partie alimenter la grande roue de la finance ! Les politiques monétaires expansionnistes soutiennent la demande des ménages et des entreprises à des taux de financement proches de zéro. Effet d’aubaine pour l’effet de levier financier et la roue tourne !

La chasse aux licornes est portée par la digitalisation croissance de toutes les sphères de l’économie

Second paradoxe, l’arrêt de certaines économies pendant les confinements successifs n’a pas été synonyme d’immobilisme pour toutes les entreprises. La digitalisation accélérée est un effet d’aubaine fantastique et inespéré pour toutes les startups qui fleurissent partout dans le monde et attirent les fonds sur des valorisations élevées. La promesse de lendemains disruptés est écoutée par les sponsors, et la chasse à la licorne n’est pas suspendue.

Les résultats financiers des Gafam, Google, Apple et Microsoft affichant 60 milliards de profits cumulés sur le précédent exercice leur donnent les moyens de faire de coûteuses emplettes… et la fête ne semble pas finie !


Effet rattrapage et pression du présent supportent les résultats

Autre paradoxe troublant, l’effet rattrapage du Covid … Pour beaucoup entreprises mises en pause en 2020, l’année 2021 s’avère florissante. Elles cumulent en effet : rattrapage du temps perdu et urgence à profiter des fenêtres de répit dans un contexte sanitaire plus qu’incertain. Tout ce qui est pris n’est plus à prendre, advienne que pourra !

Les zombies ne sont pas morts et les sauveteurs restent nombreux.

Quatrième paradoxe : le taux de défaut des entreprises est au plus bas… Portés par toutes les mesures de soutien, chômage partiel et PGE en tête, les zombies n’ont pas trépassé… Pire encore le respirateur artificiel est toujours actif pour beaucoup d’entre elles et les promesses de dons généreux restent importantes : PPSE, obligations relance… les soldats Ryan à sauver seront-ils aussi nombreux que les candidats sauveurs ?


La fin de la danse et le réveil du chat

Dans cette période d’euphorie où toutes les souris dansent, le chat semble le grand absent ou le grand endormi. Gare à matou qui dort.

On peut se demander quelle sera sa tête au réveil. Prendra-t-il les atours d’un krach dévastateur, d’une succession de catastrophes naturelles comme revanche d’une planète échevelée, d’un conflit dont le terrain mouvant va jusqu’à l’espace ?

Année la fontaine oblige et invitation à la prudence. « En toute Chose, il faut considérer la fin… » Le bouc en a fait les frais au profit d’un renard rusé et désaltéré. Croire que le chat a définitivement disparu s’était une grave erreur ! Si la danse continue malgré les boîtes de nuit refermées, rappelons-nous simplement que le sens et la conscience sauvent de l’ivresse.