Malgré la bonne dynamique générale du marché des fusions-acquisitions en 2020, le nombre de cession d’entreprises a reculé de 13%… Crise sanitaire oblige, de nombreux chefs d’entreprises ont choisi de se concentrer sur la gestion d’une situation inédite. Ils ont mis en sommeil leur projet de cession. Redoublant d’énergie pour sauver leur société de la vague Covid, ils mobilisent l’ensemble de leurs forces vives et parties prenantes pour se réinventer et opérer les transformations nécessaires.

L’année 2021 démarre avec son lot d’incertitudes, le Covid n’ayant hélas pas miraculeusement disparu avec le nouvel an. Dans ce contexte, est-il judicieux de s’engager dans la cession de son entreprise ?

Trois éléments de réponse pour aider à discerner et faire un choix.

Un environnement favorable à la valorisation des entreprises résilientes

« Les marchés financiers ne connaissent pas la crise »… Cette déconnexion constatée entre l’économie réelle empêtrée dans une gestion de crise qui s’éternise et les marchés financiers qui tutoient les sommets peut surprendre voire effrayer. Les banques centrales alimentent les marchés de liquidités très abondantes.

Elles se retrouvent sur les marchés financiers, mais aussi dans les capacités financières exponentielles des fonds d’investissements. Certaines entreprises en bonne santé ont aussi accumulé des liquidités, aujourd’hui disponibles pour financer leur croissance organique et externe.

Cette manne financière entretient une compétition vive entre acquéreurs en recherche de cibles. Les valorisations sont donc poussées à la hausse dans les secteurs résilients. Le nombre d’entreprises se déclarant prêtes à acheter des sociétés est à un plus haut historique…
Les cédants sont donc dans une posture favorable pour négocier dans un univers concurrentiel où fonds d’investissement et acquéreurs industriels rivalisent pour « emporter l’affaire ».

Une prime de valeur dans la cession des sociétés « covid proof »

L’année 2020 a démontré la bonne tenue des valorisations au cours de l’exercice, les multiples de transactions pour les PME-ETI ayant retrouvé en fin d’année leur niveau d’avant confinement à plus de 10 fois l’Ebitda. La moyenne cache des écarts-types importants entre les secteurs souffrants (tourisme, retail, aéronautique…) Et les secteurs très prisés comme ceux de la santé, de l’éducation, ou de la technologie au sens large.

Plus généralement, les entreprises qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu en 2020 bénéficient d’une attractivité accrue.  Cette performance se traduit directement dans les valorisations obtenues. Si l’entreprise a démontré la bonne tenue de ses résultats sur la période, après retraitements des « aides d’état » en tout genre, il est temps de se préparer à la cession pour ceux qui ont temporisé en 2020.

Céder au bon moment permet d’assurer la pérennité de l’entreprise

Pour tout dirigeant d’entreprise, céder son entreprise comporte une dimension affective et psychologique très importante. La négliger peut retarder, voir ajourner le processus de décision.  Imaginer sa vie d’après en étant plus « patron », quitter ses salariés dont on est parfois plus proche que de sa propre famille, confier son bébé à quelqu’un d’autre… Autant de freins qui invitent les dirigeants à différer parfois indéfiniment le processus. Se préparer à céder prend du temps ! Ainsi, plusieurs dimensions sont à considérer :

– Se mettre en disposition intérieure d’organiser le passage de témoin.
– Organiser l’entreprise en conséquence, continuer à investir dans l’entreprise.
– Disposer de perspectives de croissance tangibles sont autant d’éléments favorables à une cession réussie. 

S’ils sont réunis, il faut savoir « prendre le train » quand il s’arrête en gare. Trop de cédants potentiels restent sur le quai en espérant que le prochain train soit encore plus séduisant : rentabilité accrue de leur entreprise, attractivité renforcée, acquéreurs surmotivés, prix maximisés… 2020 nous a montré que certaines gares pouvaient être désertées temporairement (confinement oblige) ou durablement, et que les TGV bénéficiaient d’une prime de valeur importante.

Il est donc temps de raccrocher les wagons pour ceux qui hésitent encore… La pérennité de leur entreprise en dépend.